TRACT DIFFUSÉ À
LA FÊTE DE LUTTE OUVRIÈRE
À PROPOS DE LA SUSPENSION
DE LA FRACTION DE LO
UN PROGRAMME IMMÉDIAT
La situation sociale et politique suggère sérieusement un nouveau mai… 2008. 40 ans après, et 2 millions de chômeurs et 6 millions de précaires plus tard, une bourrasque révolutionnaire serait parfaitement d’actualité. Plus âpre et plus profonde qu’en 68 cette fois. En tout cas, on ressent le même ras-le-bol politique et social, et pas seulement en France. D’ailleurs, comme en 1967 relèvent les commentateurs, on assiste à des signes précurseurs « inquiétants » : un regain des grèves pour les salaires, y compris chez les catégories les plus exploitées et les moins protégées ; encore et toujours des lycéens dans la rue ; des travailleurs sans-papiers qui relèvent la tête… Et une radicalisation des sentiments populaires, sans que cela profite, pour cette fois, à l’extrême droite. Il n’est pas au pouvoir des minorités révolutionnaires de déclencher des événements révolutionnaires. Ni même le plus souvent de les pressentir ou de les prévoir. Cela dit, certaines choses ont changé depuis 1968. Les organisations comme LO et la LCR, et dans leur sillage tous ceux qui se réclament de l’extrême gauche, ont acquis un crédit populaire (dans la même mesure où la gauche traditionnelle s’est discréditée) qui fait des révolutionnaires, au-delà de leurs désaccords, une force politique. Les luttes existent. Mais les appareils traditionnels du mouvement ouvrier s’acharnent à faire en sorte qu’elles restent localisées, dispersées, sectorielles… et forcément impuissantes. Il appartient aux révolutionnaires de militer pour une mobilisation de l’ensemble des salariés et de la jeunesse susceptible de mettre sérieusement en danger le pouvoir en place, pour un programme subversif à court terme qui redonnerait confiance, espoir et véritablement conscience de sa force au monde du travail. Un programme de coordination des luttes, de leur convergence et de leur généralisation. Un programme capable de transformer chaque épreuve de force locale en événement politique national. Bref, à faire en sorte que chaque gréviste, chaque manifestant, pour son salaire, son emploi, les effectifs de son usine ou sa branche, la régularisation de sa situation… sente qu’il fait partie d’une seule et même classe en train de passer à l’offensive.
4 juin 2008
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